15/09/2008

[Cuba et la gestion des cyclones]

par Salim Lamrani, publié par le Réseau Voltaire le 7 septembre'08

Face aux cyclones, le contraste est saisissant entre la politique des Washington et celle de La Havane. D’un côté les forces de sécurité sont prioritairement affectées à la défense des biens, de l’autre à celle des personnes. Rien d’étonnant donc, observe Salim Lamrani, à ce que l’ouragan Gustav ait tué aux États-Unis, mais pas à Cuba.


L’ouragan Gustav qui a frappé les Caraïbes à la fin du mois d’août 2008 a eu un coût humain et matériel dramatique. Le cyclone avec ses vents à près de 340 kilomètres/heure, le plus violent des cinquante dernières années, a provoqué la mort de plus d’une centaine de personnes dont 11 en Jamaïque, 66 en Haïti, 8 en République dominicaine et 26 aux États-Unis. Cuba, qui a été terriblement touchée, a subi des dégâts matériels considérables [1].

« Une attaque nucléaire » : telle a été la comparaison effectuée par l’ancien président cubain Fidel Castro au sujet de la catastrophe naturelle qui a ravagé le pays.
En effet, les provinces de Pinar del Río, Matanzas et de l’île de Jeunesse ont offert un spectacle de ruine et de désolation. Des 25 000 logements que compte l’Île de la Jeunesse, 20 000 ont été partiellement ou totalement détruits. Près de 45 % des habitations de Pinar del Río, soit 102 000 logements, sont partiellement endommagées ou complètement rasées. Ce cyclone a été plus ravageur que l’ensemble des 14 ouragans qui ont frappé l’île au cours des huit dernières années [2].

En revanche, contrairement aux autres nations victimes de la fureur de la nature, Cuba n’a eu à déplorer aucune perte humaine. En effet, Cuba est le seul pays de la région frappé par le cyclone où aucun civil n’a perdu la vie. L’Agence France-Presse note que « seuls des blessés et aucun mort n’était […] dénombré à Cuba [3] ». De son côté, Associated Press remarque que « même si Gustav a tué au moins 122 personnes, y compris 26 aux États-Unis, Cuba n’a déploré aucun mort grâce aux évacuations obligatoires [4] ». Pourtant, l’ouragan qui a détruit une partie de l’île était de catégorie 4 alors qu’il était redescendu en catégorie 2 lors de son arrivée sur les côtes étasuniennes.

Comment s’explique cette spécificité cubaine ? Elle se résume en deux phases : la « phase informative » et la « phase d’alerte cyclonique ». Tout d’abord, l’ensemble de la population est parfaitement informée des dangers représentés par les cyclones et les ouragans et sait parfaitement comment réagir en cas d’alerte de la Défense civile. Les médias jouent un rôle fondamental et la discipline sociale des citoyens est remarquable. Dès le déclenchement de l’alarme cyclonique, les autorités organisent minutieusement les déplacements des habitants et des touristes en zone sûre. Rien n’est laissé au hasard. Les services sociaux et les comités de Défense de la Révolution, qui sont présents dans chaque quartier, disposent de listes des personnes à mobilité réduite et viennent à leur secours dans les plus brefs délais. Ainsi, près d’un demi-million de personnes ont été évacuées en prévision de l’arrivée de Gustav [5].

À Cuba, aucune personne n’est abandonnée à son sort par les autorités. L’exemple des cinq pêcheurs perdus en haute mer est illustratif. N’ayant pas pu rentrer à temps, cinq marins cubains ont été pris dans l’œil du cyclone et ont vu leur bateau réduit en miettes. Pendant deux jours, malgré les énormes dégâts causés par le vague cyclonique et les innombrables autres urgences, La Havane n’a pas lésiné sur les efforts et a dépêché à leur recherche 36 bateaux, trois hélicoptères et deux avions, et les naufragés ont pu finalement être sauvés. Alors que d’autres pays auraient peut-être abandonné les recherches, il en a été autrement dans la plus grande île des Caraïbes [6].

En guise de comparaison, on ne peut pas dire qu’il en soit de même aux États-Unis, pourtant la nation la plus riche au monde. La terrible tragédie Katrina qui a causé la mort de 1 800 personnes en 2005 à la Nouvelle-Orléans et dans les États voisins fut l’exemple le plus dramatique de l’incurie des autorités fédérales, qui avaient abandonné toute une population à son triste sort.

Cette fois, le gouvernement fédéral s’était préparé et avait lancé un appel à l’évacuation de la zone. Contrairement aux Cubains pris en charge par les autorités et relogés gratuitement dans des écoles, auberges, et autres infrastructures, les citoyens étasuniens ont dû assurer l’évacuation et leur relogement à leurs frais dans des hôtels. La presse occidentale rapporte qu’« aucun hôtel n’a baissé ses tarifs en ces circonstances exceptionnelles [7] ».

Le maire de la Nouvelle-Orléans Ray Nagin a décrété un couvre-feu pour empêcher les pillages. Les médias internationaux ont relaté la « fuite éperdue des habitants de la Nouvelle-Orléans [8] ». Malgré les précautions prises, pas moins de 26 personnes ont péri lors du passage de l’ouragan Gustav dans le sud des États-Unis [9].

Alors qu’à Cuba, la Défense civile se déployait pour porter secours à la population, aux États-Unis, 2 000 gardes nationaux armés jusqu’aux dents patrouillaient en compagnie de la police la région pour prévenir les pillages. En théorie, la priorité était donnée à la protection des vies humaines mais c’est bien la sauvegarde des biens matériels qui a été privilégiée [10].

L’ensemble de la région sujette aux catastrophes cycloniques – y compris les États-Unis – serait avisée de prendre quelques leçons du côté de La Havane. Une petite nation du tiers-monde, victime en outre de sanctions économiques anachroniques et inhumaines, démontre qu’il est possible de préserver la vie de tous les citoyens s’il y a une véritable volonté politique à cela.

Salim Lamrani

[1] Agence France-Presse, « Gustav : l’Espagne aide Cuba et Jamaïque », 31 août 2008 ; El Nuevo Herald, « La peor tormenta de los últimos 50 años », 31 août 2008. Pour le nombre de décès aux Etats-Unis voir Will Weissert, « EEUU ofrece 100,000 dólares en ayuda de emergencia a Cuba », The Associated Press/El Nuevo Herald, 5 septembre 2008.

[2] Fidel Castro, « Un golpe nuclear », Granma, 3 septembre 2008 ; Ronald Suárez Rivas, « Housing, the Greatest Challenge », Granma, 2 septembre 2008.

[3] Glenn Chapman, « Ouragan Gustav : fuite éperdue des habitants de la Nouvelle-Orléans », Agence France-Presse, 31 août 2008.

[4] Will Weissert, « EEUU ofrece 100,000 dólares en ayuda de emergencia a Cuba », op. cit.

[5] Luz María Martínez & Marta Hernández, « Record mundial en protección humana al paso de Gustav », AIN, 3 septembre 2008.

[6] Fidel Castro, « Un golpe nuclear », op.cit. ; El Nuevo Herald, « Cuba se recupera ; hallan a pescadores desaparecidos », 2 septembre 2008 ; EFE, « Logran rescatar a cinco pescadores desaparecidos », 2 septembre 2008.

[7] Sylvain Cypel, « À Lafayette, en Louisiane, ‘rien n’a changé depuis Katrina’ », Le Monde, 3 septembre 2008.

[8] Glenn Chapman, « Ouragan Gustav : fuite éperdue des habitants de la Nouvelle-Orléans », op. cit.

[9] Will Weissert, « EEUU ofrece 100,000 dólares en ayuda de emergencia a Cuba », op. cit.

[10] Robert Tanner & Vicki Smith, « Alcalde de Nueva Orleáns pide a evacuados que no regresen aún », The Associated Press / El Nuevo Herald, 2 septembre 2008.

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08/09/2008

[11septembre, le mystère de la 3e tour]

Par Olivier Rogeau, dans Le Vif-L'express le 5 Septembre'08.

Sept ans après l’écroulement des tours du WTC à New York, des questions en cascade restent sans réponse sur ces attentats. La version officielle des faits est contestée et des citoyens manifesteront à Bruxelles pour réclamer une enquête indépendante.

Les années passent, les nuages de poussière tombés sur le sud de Manhattan le 11 septembre 2001 se sont depuis longtemps dissipés, mais on peine toujours à faire toute la lumière sur les attentats qui ont causé la mort de près de 3000 personnes. Au début, seuls quelques allumés de la théorie du complot ont mis en doute la version officielle des évènements. Par la suite, des dizaines de spécialistes de la construction et de la destruction d’immeubles, de professeurs d’université et de pilotes ont posé des questions troublantes.
Beaucoup ont critiqué et contredit le rapport de la commission d’enquête parlementaire américaine d’août 2004 sur le 11-Septembre. Selon eux, l’histoire officielle ne tient pas debout, pas plus que n’ont tenu debout les tours du World Trade Center. Sept ans après la tragédie, une manifestation rassemblera, à Bruxelles (le 7 septembre, à 14 heures, au rond-point Schuman), des citoyens qui exigeront, une fois de plus, l’ouverture d’une enquête indépendante et internationale sur ces attentats attribués à Al-Qaeda, « prétexte à trop de guerres et de mensonges ». L’initiative a reçu le soutien du Pr David Ray Griffin, auteur de Omissions et manipulations de la commission d’enquête sur le 11-Septembre (Editions Demi-Lune, 2006), et de l’eurodéputé indépendant Giulietto Chiesa, auteur du documentaire Zero , qui conteste la version des faits fournie par Washington. Incendie ou explosions dans le WTC 7 ?

Cette manifestation est organisée alors que vient enfin de sortir le rapport final sur les causes de l’effondrement de la troisième tour du WTC. Qui se souvient de cette « tour 7 », un immeuble de 47 étages et de près de 200 mètres de hauteur ? Le « Salomon Brothers » n’a été percuté par aucun avion. Il s’est effondré sur lui-même environ sept heures après les tours jumelles. « Il s’est écroulé en moins de sept secondes, à une vitesse proche de la chute libre, précise Jean-Luc Guilmot, un ingénieur belge, conseiller Ecolo à Chaumont-Gistoux. La thèse officielle d’un effondrement causé par des incendies défie les lois de la physique. Jamais un gratte-ciel en béton à structure en acier ne s’est écroulé sous la simple emprise du feu, fût-il de grande ampleur. La disparition de la tour 7 présente toutes les caractéristiques d’une démolition contrôlée. » Guilmot et d’autres tentent de diffuser en Belgique ce point de vue défendu par ceux qui se définissent comme des « thruthers », des chercheurs de vérité.
On aurait, selon 430 architectes et ingénieurs regroupés au sein de l’association AE911 Truth, retrouvé des résidus d’explosifs militaires de type thermate dans les débris de Ground Zero et de l’acier fondu à des températures plus élevées que celle de feux de bureau. Des dizaines de pompiers new-yorkais auraient, en outre, entendu des bruits d’explosions à l’intérieur de l’immeuble. Le rapport sur le WTC 7, publié fin août 2008 par le National Institute of Standards and Technology (NIST), une agence gouvernementale, rejette cette dernière affirmation et réaffirme que le feu est seul en cause dans l’effondrement. Pour la plupart des médias, ce rapport met fin, une fois pour toutes, à la controverse.

Rideau ? Pas pour les opposants au récit officiel. Selon eux, l’hypothèse d’une mise en scène s’impose. Mais Guilmot ne veut pas être assimilé à ceux qui propagent rumeurs et accusations fantaisistes sur le Net. Il revendique une démarche scientifique et rejette l’étiquette de « conspirationniste », néologisme souvent utilisé pour désigner les « thruthers ». Mais, s’il y a eu démolition contrôlée des tours du WTC, qui en est responsable et quels sont les mobiles de cette action spectaculaire ? « Répondre à ces questions, c’est faire de la spéculation », dit prudemment l’ingénieur belge. D’autres voix au sein du « mouvement pour la vérité sur le 11-Septembre » n’hésitent toutefois pas à accuser les « faucons » de l’administration américaine, qui auraient cherché un prétexte pour justifier l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan. « L’idée même qu’une faction de l’Etat est mêlée à ces événements dramatiques reste inimaginable pour la plupart des gens, assure Guilmot. Les attentats de New York sont pourtant, à mon sens, la plus grande manipulation de l’histoire récente. »

Le 16 septembre à 20 heures, l’Espace Delvaux (Watermael-Boitsfort) projette le film Zero, enquête sur le 11 Septembre, et accueille un débat avec Giulietto Chiesa et Jean-Luc Guilmot.
Parmi les nombreux sites qui contestent la version officielle : vigli.org(site francophone belge), www.reopen911.info (site français) et www.ae911truth.org (site américain).

Par Olivier Rogeau, dans Le Vif -L'express

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